Ecole de Royat

L’école de la peinture romantique dans la vallée de Royat, à l’auberge « Ma Campagne » de La Mère Gagnevin, fut un des hauts lieux du romantisme Français dans cette première moitié du XIXe siècle.

« …Cette vallée de Royat, si renommée parmi le monde artistique ... » Le peintre clermontois, Félix Bachellery dans l’Art en province de 1835

               

Cette Patronne Auvergnate voit défiler à partir de 1816 les plus grands maîtres de la peinture et chefs de file du moment comme : Eugène Isabey, Paul Huet, Camille Corot, Théodore Rousseau, Charles Rémond… C’est le prix de Rome sur les paysages historiques créé en 1817, supprimé en 1861, qui fit les beaux jours de la Vallée de Royat et les affaires de La Mère Gagnevin.

« Paysage qui a été pris des milliers de fois par les nombreux artistes d’Europe qui viennent chaque année s’établir à Royat » Jean-Baptiste Bouillet 1836

               

Tous ces maîtres qui restèrent parfois plusieurs mois allaient faire École et de nombreux disciples. La transmission, le partage du savoir, l’amour du paysage se faisaient essentiellement chez La Mère Gagnevin dont l’auberge fut, par la suite, emportée par l’essor du thermalisme. Cette dernière se situait à l’emplacement de l’actuelle mairie de Royat. Elle avait la plus belle perspective sur cette vallée mythique. Une vue unique qui comblait les artistes romantiques de passage contemplant en une seule perspective les moulins et les cascades de la vallée puis au loin le bourg fortifié de Royat et son prieuré Saint -Léger en ruine, le tout sur fond d’une montagne de légende : le Puy-de-Dôme dans l’écrin d’une nature luxuriante. La Mère Gagnevin avait devant sa porte l’un des plus beau panorama du romantisme Français en se début du XIXe siècle.

               

«…La vallée de Royat jouit d’une réputation classique parmi les peintres de paysage… » Prosper Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques
« Notes d’un voyage en Auvergne » en 1838

Ses Auberges mythiques offraient le gite et le couvert mais la plupart n’existent plus. Toutes ont tenu, au cours du XIXe siècle, le haut du pavé de l’art pictural. Souvent, les salles de ces auberges regorgeaient d’œuvres d’artistes de passage. Elles ont revêtu une importance primordiale et déterminante dans l’histoire de l’art, se transformant, sans s’en rendre compte, en école de peinture. Petites académies informelles et officieuses où les artistes se retrouvaient le soir ou par mauvais temps, échangeant leur point de vue sur la passion qui les animait. De modestes auberges comme celle de La Mère Gagnevin dont l’histoire de l’art s’aperçut, mais bien plus tard, qu’elles concurrençaient les plus grandes institutions du moment et permirent des avancées, des échanges… sur la technique, la pratique la perception des mouvements picturaux : des « master classe » en quelques sortes.

« La patronne des romantiques »

               

Il n’y a pas d’école de peinture sans une bonne auberge. La preuve en est par la lettre qui nous ait parvenue jusqu'à nous à travers la rencontre du Maître Camille Corot qui y séjourna plus de deux mois et du peintre Auguste Ravier à L’auberge « Ma Campagne » de La Mère Gagnevin, et qui atteste que pendant de nombreuses années c’était, l’été, le passage obligé pour les peintres romantiques Français de venir dans la vallée de Royat en cette première moitié du XIXe siècle.

« J'établis mon principal domicile à Royat, Chez La Mère Gagnevin, qui depuis 23 ans a la pratique des artistes. De là, j'irai quelquefois passer quelques jours plus haut, dans la montagne. La mère Gagnevin fait payer la chambre et la nourriture 3 Fr 5 c par jour, c'est au moins 5 centimes de plus que je ne pensais; Mais ce qui me décide irrévocablement à rester chez elle, c'est une bonne fortune à laquelle je ne m'attendais pas: elle a dans ce moment un artiste de mérite, un des trois plus grands talents à mon avis et qui avec cela est le meilleur enfant de tous, qui pourra me donner de bons conseils et que je verrai travailler; c'est un nommé Corot. Voici un mois qu'il est ici. Il y est encore pour plus d'un mois. Je suis enchanté de l'aventure. C'est l'homme que j'aurais le plus désiré rencontrer. Un autre m'ennuierait. Quant au pays, il a entièrement répondu à mon attente. C'est le plus beau que j'aie vu encore. Si le temps est passable, tout ira bien... » Lettre du peintre François Auguste Ravier (1814-1895) à sa famille en 1839.

               

Comme de coutume, les œuvres que les artistes laissaient à l’aubergiste pour décorer son établissement, pouvaient parfois solder les comptes d’un repas ou d’un séjour. L’abondance d’œuvres que regorgèrent ces modestes auberges spécialisées dans l’accueil d’artistes en devenir, témoignent de leur variété, de la fantaisie et de la spontanéité, mais aussi du sérieux et du savoir faire de leurs auteurs.

« Royat, cette vallée si célèbre, chantée par les poètes, explorée et décrite par les savants » Guide sur Royat, ses eaux et ses environs de 1843

               

On y venait de bouche à oreille de toute l’Europe. Nombreux sont les peintres qui avaient entendu parler de La Mère Gagnevin. C’était le temps ou il fallait plusieurs jours de diligence en partance de Paris pour l’Auvergne. Aussi les séjours s’étalaient souvent sur plusieurs semaines. L’Auvergne des romantiques est incarnée par l’ École de Royat à l’Auberge de La Mère Gagnevin.

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